Par le Dr Wai Fan Lam, MD, PhD, gynécologue au SMMC
Il y a beaucoup de discussions dans la communauté en ce qui concerne la vaccination contre la COVID-19. Dans cet article, j’aborderai les questions et idées fausses les plus courantes afin que chacun puisse prendre sa propre décision éclairée quant à la vaccination.
Devez-vous vous faire vacciner si vous êtes enceinte ou si vous allaitez ?
Dans le monde, 700 millions de personnes ont déjà reçu au moins 1 dose du vaccin contre la COVID-19. Près de 350 millions de personnes ont reçu la vaccination complète de 2 doses. Le grand nombre de personnes vaccinées fournit des informations précieuses sur la sécurité et l’efficacité de la vaccination.
Il est intéressant de noter que 100 000 femmes ont déjà reçu le vaccin pendant la grossesse ou l’allaitement. Dans une étude portant sur 35 000 femmes, les effets secondaires (mineurs) pour la mère ne diffèrent pas de ceux des femmes non enceintes. De plus, aucun effet secondaire n’a été observé pour le bébé. Le résultat pour le bébé est le même chez les femmes vaccinées et non vaccinées.
En revanche, si une femme contracte la COVID pendant la grossesse, son risque de tomber gravement malade ou de mourir est 4 fois plus élevé que chez les femmes non enceintes. C’est pourquoi un nouvel avis du CDC a récemment été émis pour vacciner les femmes pendant la grossesse et l’allaitement. Le CPS a déjà mis en œuvre la nouvelle recommandation. Les femmes enceintes sont toujours traitées avec un soin particulier lorsqu’il s’agit d’introduire de nouveaux médicaments et traitements. Le fait que le vaccin contre la COVID soit jugé totalement sûr, même dans ce groupe vulnérable, convaincra, nous l’espérons, davantage de personnes de se faire vacciner.
Il existe un scepticisme généralisé à l’égard de la vaccination contre la COVID. Comme indiqué, 700 millions de personnes ont déjà reçu 1 dose de vaccin et 350 millions ont reçu la vaccination complète de 2 doses. C’est un nombre impressionnant de personnes vaccinées. Pourtant, les effets secondaires graves ou les décès liés au vaccin sont très rares. Aux États-Unis, 4 434 décès sont signalés comme pouvant être liés à 259 millions de vaccinations (soit 0,0017 %). Mais après une enquête plus approfondie, aucun de ces décès ne s’avère finalement être une conséquence de la vaccination. Comme nous savons que le risque de mourir de la COVID est de 2 % et que le risque de mourir de la vaccination est pratiquement nul, la peur du vaccin est donc totalement infondée.
Un argument fréquemment entendu est que la vaccination ne peut pas empêcher de contracter la COVID. C’est vrai, mais l’argument est totalement hors de propos. La probabilité qu’une personne vaccinée soit infectée par la COVID est de 0,01 %. Une personne non vaccinée a 30 % de risques de contracter la COVID si quelqu’un dans le foyer est positif. En d’autres termes, la vaccination rend l’infection par la COVID 3 000 fois moins probable !
Si une personne vaccinée contracte la COVID, la vaccination la protège de tomber gravement malade ou d’être hospitalisée. Le risque de mourir de la COVID après la vaccination est également bien plus faible. À titre de comparaison, chez les personnes de plus de 65 ans : si 100 personnes non vaccinées sont hospitalisées pour la COVID, seules 6 personnes vaccinées seront hospitalisées. Le bénéfice protecteur de la vaccination est donc très clair.
Il est inquiétant que tant de personnes répètent la même peur infondée de la vaccination. Depuis la naissance, nous sommes vaccinés contre des maladies telles que la poliomyélite, la rougeole, la coqueluche et le tétanos, entre autres. Ces vaccinations sont pourtant largement acceptées. Mais avec la vaccination contre la COVID, soudainement, une grande partie de la population hésite à se faire vacciner. Toutes les nouvelles négatives sur la vaccination font l’objet d’une énorme attention, tandis que les victimes incessantes de la COVID sont acceptées comme normales.
Les réseaux sociaux semblent jouer un rôle important dans la propagation de la peur et de l’hésitation vaccinale. De nombreuses fausses nouvelles et affirmations non vérifiées sont publiées sur Facebook, Twitter, Instagram et YouTube. Les deux tiers de toutes les informations trompeuses sur la vaccination peuvent être attribués à 12 personnes. Elles ont été surnommées la « Douzaine de la désinformation ». Elles diffusent délibérément de fausses informations sur la vaccination, en grande partie pour des raisons financières. Malheureusement, la plupart d’entre elles sont encore très actives sur les réseaux sociaux.
Le nombre total réel de décès liés à la COVID est estimé à près de 10 millions. Alors qu’une troisième vague de COVID semble actuellement déferler sur St. Maarten, nous espérons que davantage de personnes choisiront de se faire vacciner. Les gens doivent comprendre qu’outre leur propre sécurité, la vaccination empêchera également d’autres personnes, comme leurs proches, d’être infectées. La vaccination de masse est le seul moyen de mettre fin à la vague de COVID.
L’immunité collective, c’est-à-dire l’effet protecteur contre la propagation lorsque la plupart des personnes d’une communauté sont vaccinées, ne prendra effet que lorsqu’au moins 70 % de la population sera vaccinée. À l’heure actuelle, seuls 27 % de St. Maarten sont vaccinés. Plus tôt les gens se feront vacciner, plus tôt nous pourrons retrouver une vie normale. C’est ce que nous voulons tous. Mais pour cela, tout le monde doit participer et contribuer au programme de vaccination. De ce point de vue, ne pas se faire vacciner est en fait antisocial. Espérons que nous pourrons surmonter l’hésitation vaccinale. Saba l’a fait. Aruba l’a fait récemment. Espérons que St. Maarten suivra bientôt.